Site visité
fois.

SAINT SAVA, UN CHEMIN POUR LA VIE

Homélie prononcée lors de la Fête de Saint Sava (le 27/01/2007)
par l’archiprêtre Nikola Skrbic, vicaire diocésain

« Car nul autre fondement n’a été posé par quiconque –
à l’exception de celui qui est Jésus Christ Lui-même »

C’est sur ce fondement que saint Sava a bâti et consolidé l’Orthodoxie serbe, l’existence nationale et l’identité du peuple serbe. C’est sur cette base que se sont développées l’éducation nationale, la culture ainsi que les traditions serbes. Mais surtout, c’est saint Sava qui a fait entrer le peuple serbe au sein du groupe des peuples de Dieu, parmi les enfants christianisés de Dieu.

Que signifie le christianisme ? C’est la foi dans le Christ supplicié et ressuscité ! La foi en un Dieu vivant ! La foi dans le Seigneur, Qui a été Oint et Qui est notre Sauveur !

Que signifie l’Orthodoxie ? C’est penser, enseigner et agir de manière juste ! Suivre la voie juste de la foi !

C’est dans le christianisme et l’Orthodoxie qu’a pris naissance la doctrine de Saint Sava. La pensée et l’œuvre de saint Sava sont issues de l’Evangile. C’est à cette source que s’est abreuvé le peuple serbe, en y puisant l’eau pure de l’Evangile, dont on ne peut se rassasier, car nous avons été baptisés dans l’eau et par le Saint Esprit.

La doctrine de saint Sava est bâtie sur le fondement de la foi en Christ, Nous avons été enracinés dans la pierre indestructible qu’est le Christ notre Seigneur.

L’existence du peuple serbe, son identité, son développement national, sa culture, ses traditions et sa mémoire tirent leurs fondements de l’Evangile du Christ, dont la doctrine de saint Sava est issue. Cette dernière est la voie qui mène le peuple serbe vers une vie en communion avec Dieu.

L’Orthodoxie est la voie suivie par saint Sava, et ses disciples. Suivre l’enseignement de saint Sava en dehors de l’Orthodoxie, c’est du folklore populaire. L’intégration du message de saint Sava au sein de l’Orthodoxie constitue l’essence de notre identité, ce sont nos racines, c’est notre substance, c’est notre salut national.

Que sont nos chants populaires et nos gusle (instrument de musique traditionnel), que sont nos traditions et nos coutumes, si nous ne chantons pas et ne propageons pas l’Evangile ? C’est pourquoi notre peuple dit, à propos de celui qui se réfère à la sagesse populaire, que ses paroles sont comme l’Evangile.

Souvenons-nous, chers frères et sœurs, de l’œuvre énorme accomplie par saint Sava :
- Il a élevé l’Eglise serbe au rang des Eglises reconnues autocéphales
- Il a mis à la tête de l’Etat serbe son Premier Roi couronné
- Il a fondé l’école, source de l’instruction populaire
- Il a rédigé les lois et les règlements instaurant l’ordre et le développement ecclésiastiques
- Il a bâti le monastère de Hilandar sur la Sainte Montagne, afin qu’il devienne le pilier spirituel et le phare lumineux du peuple serbe
- Il a instauré la protection des indigents, des impotents et des pauvres, il a ouvert des hôpitaux à côté des monastères pour y accueillir les malades et ceux qui souffrent (notre premier livre de médecine est le codex de Studenica).

Saint Sava est celui qui nous a instruits et guidés sur le chemin conduisant à la vie éternelle.

Il est notre phare lumineux, la colonne de feu qui a éclairé notre route à travers notre histoire douloureuse, et qui continue à l’illuminer aujourd’hui. Il est l’étoile qui ne décline jamais du peuple orthodoxe serbe, qui lui donne son orientation et lui indique le chemin.

Né dans un palais et élevé en prince, il a suivi la voie de l’ascèse afin de s’élever spirituellement. Il a construit une demeure dans la demeure du Père Céleste, bâtissant plusieurs grands sanctuaires du peuple serbe : les monastères de Hilandar, Studenica et Zica, avec son père Stéphane Nemanja et son frère le roi Stéphane le Premier Couronné.

Il a instruit et sanctifié le peuple serbe. Saint Sava est l’apôtre du peuple serbe. Et l’apôtre est celui qui est envoyé par Dieu. Saint Sava a été envoyé par Dieu au peuple serbe. Il a joué un rôle de pacificateur au sein du peuple serbe et parmi bien d’autres peuples.

Où qu’il se rendait, il était reçu avec respect et entouré d’honneurs. Tous rendaient hommage à sa sagesse d’inspiration divine et imprégnée d’humilité spirituelle.

Saint Sava a été une autorité suprême, mais aussi un ascète.

Il s’est toujours comporté en hôte accueillant, conformément aux paroles du Saint Apôtre Paul à son disciple Timothée : « …sachant bien gouverner sa propre maison et tenir ses enfants dans la soumission d’une manière parfaitement digne. Car celui qui ne sait pas gouverner sa propre maison, comment pourrait-il prendre soin de l’Eglise de Dieu ? » (1 Tm, 3, 4-5)

Il a vécu en bon semeur, semant de bonnes graines dans les âmes des hommes, propageant l’Evangile du Christ, enseignant la vraie foi, sur le vrai chemin qui mène à la vie éternelle et au royaume céleste.

Il appelait les hommes à se repentir. Il enseignait au peuple à être humble devant Dieu, mais à se tenir droit devant les hommes.

Il insistait auprès des gens sur le fait que le péché constitue la seule barrière et le seul obstacle entre Dieu et l’homme.

Il apprenait aux gens à prier, à suivre le carême et à communier, à mener une vie baignée par la grâce au sein de l’Eglise.

Il mettait en garde les hérétiques vivant à son époque ainsi que les propagateurs de doctrines mensongères.

Il cherchait à déraciner les coutumes païennes qui empoisonnaient l’âme populaire, tout en enseignant les belles traditions orthodoxes.

De telles leçons sont éternelles et restent vraies de nos jours.

Tout le monde connaît le sermon prononcé par saint Sava devant l’assemblée populaire réunie au monastère de Zica, au sujet de la vraie foi que les Serbes doivent respecter, où qu’ils vivent et travaillent.

La vraie foi doit être le principe de base de l’éducation
- dans la famille, où se forme et se développe le caractère
- dans l’église, qui éduque et sanctifie le peuple de Dieu, afin que nous soyons les enfants et les héritiers de Dieu, et non des esclaves
- dans l’Etat, dont le souverain doit se tenir devant l’icône et prier
- dans l’école, où on enseigne le catéchisme et où se trouve l’icône de saint Sava.

Au sein du peuple serbe, on a compté beaucoup de grands noms dans tous les domaines de la création spirituelle et matérielle, de la culture, de l’enseignement, des sciences et des techniques contemporaines. Dans ce petit peuple, il y a eu de grands créateurs et inventeurs. Tous ces fruits sont issus de saint Sava.

Quand ils évoquent saint Sava, les chroniqueurs le décernent les titres les plus prestigieux :
- conseiller avisé des souverains - organisateur de l’Eglise - éducateur du peuple – pacificateur –écrivain - ascète et fondateur de monastères - grand bâtisseur de fondations pieuses.

Tout ceci correspond à la vérité, car il fut et il est resté un saint de Dieu.

Il était illuminé par son amour pour le Christ. Il l’a fait grandir jusqu’à la beauté céleste, éternelle et indestructible.

Les Turcs et Sinan Pacha ont essayé, en brûlant de façon inhumaine les reliques de saint Sava, de détruire l’héritage spirituel de saint Sava, mais ce qui est céleste est impossible à détruire.

Et c’est précisément à cet endroit là, sur la colline de Vracar à Belgrade, qu’on finit de construire aujourd’hui le temple de la reconnaissance serbe à saint Sava.

C’est grâce à saint Sava et à l’enseignement qu’il a laissé au peuple serbe que nous nous sommes maintenus, à la fois comme peuple et comme orthodoxes.

C’est ainsi que nous avons pu, tel le phénix, ressusciter des cendres et des brasiers et nous renouveler.

Nous avons survécu à cinq cents ans de dévastations turques, aux nombreux conquérants et exterminateurs ainsi qu’aux souffrances, expulsions et exodes contemporains.

Mais les souffrances les plus grandes et les plus funestes de toute notre histoire sont celles infligées par nos propres autorités athées au cours des 50 dernières années.

La souffrance la plus terrible est celle de l’âme, comme le dit le Sauveur : « Quelle est l’utilité pour l’homme de conquérir le monde, s’il perd son âme. Quel prix l’homme devra-t-il payer pour son âme », ou comme le dit notre sagesse populaire : « mieux vaut perdre sa tête que de laisser son âme commettre un péché ».

Au cours des 50 dernières années, si notre peuple a continué à errer, troublé et sans repères, c’est que ceux qui étaient chargés de le guider étaient athées.

A la place de la foi, on lui avait imposé une idéologie. Au lieu de faire preuve d’humilité devant Dieu, on s’humiliait devant les hommes.

Saint Sava nous a montré la voie qui conduit au salut national.

Vous qui vivez dans ces contrées européennes, vous le savez bien. Après avoir d’abord vécu dans notre pays, c’est ici que vous avez reconnu la voie tracée par saint Sava.

Dans la personne de saint Sava, nous reconnaissons notre pasteur, notre éducateur et notre phare lumineux. Tel a été notre choix à travers les siècles, et il le reste aujourd’hui.

Il n’existe pas d’autre voie que nous pourrions suivre, sans nous perdre.

Restons donc sur ce même chemin, fidèles à notre choix.

Restons sur la route de l’Orthodoxie et de saint Sava, afin d’être heureux et bénis par la grâce.

Bonne Slava à tous !


Père Nikola SKRBIC
A Paris, Fête de saint Sava 2007

 
EGLISE ORTHODOXE SERBE / BP177 - 75864 Paris - 23 rue du Simplon - 75018 Paris - Tel : 01 42 52 99 90 - Fax : 01 42 58 21 07
© egliseorthodoxeserbe.org :: Legal :: E-mail :: Webmaster :: Srpski