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La
chorale MÉLODI, dirigée
par Divna Ljubojevic a chantée
à l’occasion de la Liturgie
de Pâques célébrée
a l’Eglise St. Sava a Paris le 11.04.2004 |
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LE
CHANT BYZANTIN
Entretien avec Divna Ljubojevic
Qu’est-ce
qui peut décider un jeune à se
tourner vers le chant sacré ?
L’état de l’âme !
C’est toujours l’état de
l’âme qui détermine toute
chose. L’âme est en nous ce qui
cherche, demande et finalement choisit. Plus
couramment, on appele cela « affinité ».
En ce qui concerne le chant sacré, cette
décision ne peut se prendre qu’à
un moment où l’être est encore
réceptif, innocent, non pratique, non
sali. Et c’est en gardant toute sa vie
de telles dispositions que l’on peut continuer
à chanter ce répertoire, jusqu’à
la fin.
Dans
votre cas, comment cela s’est-il produit ?
Exactement comme ce que je viens d’expliquer.
À l’époque où mon
âme se cherchait, je suis arrivée
au monastère de la Présentation,
j’ai entendu Mère Agniya et les
sœurs ; elles chantaient divinement,
et…voilà.
Quel
rapport entre la mélodie, la part de
Divin dans l’art et son propre talent ?
Tout s’entrecroise. La mélodie
peut être l’intermédiaire
entre l’humain et le Divin, voire le rapport
même avec le Divin. Quant au talent, quel
artiste a le temps de penser à son propre
talent avant des années et des années
de maturité ? Le talent est un regard
de Dieu sur l’être, et donc une
circonstance heureuse pour le bénéficiaire
puisqu’elle lui permet un rapport digne
avec Dieu.
Comment
se consacrer à quelque chose de si sublime
et solennel dans un temps de chaos et de vitesse ?
Chaque temps a son chaos ! Le rapport entre
le Chaos et le Temps peut se comparer au rapport
entre l’enfant dans la puberté
(l’homme) et un Père (Dieu). Le
Chaos d’aujourd’hui est justement
cette « vitesse immodérée »
par laquelle on n’arrive nulle part, car
elle est apparente et n’existe pas dans
le temps. Elle est l’aveuglement massif,
causé, je suppose, par cette poussière
que lève la grande vitesse. Et comme
il faut justifier cette course absurde, on a
inventé de nouvelles valeurs, comme on
met des fleurs dans un vase, des fleurs sans
racines.
Tout cela est vain dans la mesure où,
bien avant ces fausses valeurs, existe la Vérité
de Dieu sur l’homme. C’est depuis
cette Vérité que pousse « la
branche » sur laquelle on peut cueillir
l’homme.
Voici pourquoi je trouve simple et naturel de
me consacrer à cette musique, sublime
– puisqu’elle vient de Dieu, et
solennelle – puisque la vie est une célébration.
Que
pouvez-vous nous dire de votre expérience
de chef de chœur à Paris ?
Le début de mon engagement professionnel
à Paris est lié à la fondation
de la chorale attachée à l’Eglise
serbe de Saint Sava dont les membres, à
l’époque, étaient exclusivement
des Serbes. J’ai travaillé avec
eux durant plusieurs semaines pour former la
chorale à chanter durant les liturgies.
Une expérience professionnelle que, certes,
j’avais déjà vécue,
mais également nouvelle car ces chanteurs
étaient nés en France où
y vivaient depuis si longtemps qu’ils
étaient en fait Français. Mon
travail avec les étrangers a commencé
en 1998. Depuis 2002, je tiens des ateliers
à Paris et à Londres , un autre
va bientôt s’ouvrir aux Pays-Bas.
Comment
ces publics variés réagissent-ils
à votre travail, à ce qu’ils
entendent ?
Ils sont la plus belle preuve que la musique
sacrée et le travail sur cette musique
conduit l’homme du bas vers le haut. C’est
ce que j’ai vécu aussi bien à
travers mon travail de chef de chœur qu’à
travers les concerts, en France, en Angleterre
en Allemagne… Je crois que ce sera le
cas partout où je chanterai et travaillerai.
Outre
les cours de chants eux-mêmes, existe-t-il
une histoire théologique sur le fondement
métaphysique du chant ?
Le chant est, dès le commencement, indissolublement
lié à une « histoire
théologique » , il a donc
des fondements métaphysiques. Sous une
forme ou sous une autre, le chant existe depuis
les temps apostolique et représente le
chant angélique adressé à
Dieu. Existe-t-il plus grand fondement métaphysique
et théologique ? Cela se perçoit
bien à travers le texte que porte la
mélodie… où qui la porte.
Que
pensez-vous des tendances actuelles d’ethno
music et de world music ?
Il existe une telle offre qu’elle en donne
mal à la tête !! Nous sommes
entrés dans un zone dangereuse où
la raison de chanter n’est plus l’éducation
mais la popularité et le gain personnel.
Mais cette musique est très écoutée,
ce qui montre combien règne l’impersonnalité.
Heureusement, les modes sont toujours fugaces
et rares sont les spécimens qui connaissent
un succès durable.
Pourquoi
insistez-vous sur l’authenticité ?
Vous savez, l’authenticité est
un impératif permanent, exigeant un perfectionnement
incessant. Mélanger « mon
son » avec des expressions modernes,
électroniques, n’est admissible
que dans les limites du bon goût.
Dossier de presse
DIVNA
Mystères Byzantins
Contact presse : Franck Laurent
Editons Jade, 35/37 rue des petits champs, 75001
Paris
Tel : 01 44 50 59 94 / 06 07 61 14 88 / jade@milanmusic.fr
Monastère
de la Présentation de la Sainte Vierge,
Belgrade
Le Chœur et Studio pour la
Musique Sacrée MÉLODI a été
fondé en 1991 au monastère de
la Présentation de la Sainte Vierge
à Belgrade. Cette formation accompagne
chaque dimanche et chaque jour de fête
le service liturgique. La chorale a pris le
nom de son protecteur, saint Roman le Mélode,
le Doux Chanteur, l’un des premiers et
des plus grands poètes de l’église
orthodoxe. Le mot " mélode
" est d’origine grecque et signifie :
chantre, chanteur.
L’ensemble est composé de 25 chanteurs
dont certains collaborent avec la directrice
du Chœur , Divna Ljubojevic , depuis 1988.
Le répertoire du Chœur MÉLODI
s’attache essentiellement aux œuvres
de musique sacrée orthodoxe, depuis les
plus anciennes pièces monodiques ou polyphoniques
byzantines, serbes, bulgares et russes jusqu’aux
œuvres d’auteurs contemporains.
Outre le service liturgique, le Chœur a
donné plus de 70 concerts à travers
le pays. Il a participé au festival " Les
chorales parmi les fresques " à
Belgrade (six années consécutives),
où il a obtenu en 2000 le Prix Voïslav
Ilitch , dans la catégorie «
Meilleure chorale ». Mélodi
a également participé au Festival
International de Musique Sacrée à
Novi Sad, à l’Académie Spirituelle
d’Eté du monastère de Stoudénitza,
et aux Jours de Mokranjac à
Négotin où elle a reçu
la Plaquette d’or…; elle a également
participé à de nombreuses émissions
pour des stations de radio et de télévision
serbes (BK Télévision, TV Studio
B, RTS, etc…)
Deux projets internationaux sortant du répertoire
traditionnel de l’ensemble ont également
été remarqués. Ce sont
La petite messe solennelle de G.
Rossini avec les solistes de l’opéra
de Bâle, et, en coopération avec
le Studio for Ancient Music, l’opéra
baroque Didon et Énée
de H. Persle .
Divna
Ljubojevic
Directrice du Chœur et du
Studio de Musique Sacrée MELODI, Divna
Ljubojevic est née à Belgrade
en 1970. Elle a étudié à
l’École de Musique Mokranjac de
Belgrade et est diplômée de l’Académie
de Musique de Novi Sad. Dès l’enfance,
elle a pratiqué le chant religieux avec
le chœur du monastère Vavedenje
où elle a été formée
par des moniales qui cultivaient minutieusement
le style unique issu du chant de Karlovatz et
chérissaient fidèlement le chant
traditionnel Russe.
Elle a commencé à diriger en 1988,
d’abord le Chœur Mokranjac, avec
qui elle a donné de nombreux concerts
tant dans son pays qu’à l’étranger,
et en particulier la première Liturgie
de Pâques sous le dôme de l’Église
St. Sava à Vratchar. Entre 1989 et 1991,
elle a dirigé la Première Société
Chorale de Belgrade, devenant ainsi «la
plus jeune chef d’un groupe vocal dont
la création remonte à 1853 ».
Avec cet ensemble représentatif de la
tradition la plus ancienne, elle a donné
de brillants concerts, particulièrement
en Grèce aux Festivals de Musique Sacrée
de Delphe, Kardica et Kefalonia.
En tant que pédagogue (musique chorale
et solfège), Divna Ljubojevic a remporté
de nombreux prix lors de compétitions
d’écoles de musique. En 1997, avec
la bénédiction de l’Évêque
Orthodoxe de Luka, elle a fondé un chœur
à l’Église St. Sava de Paris,
avec qui elle a donné des concerts de
musique liturgique slave et grecque à
Bruxelles, Senlis et Paris. Elle a également
enseigné le chant choral à l’Académie
musicale d’été d’Amilly
(France). Aujourd’hui elle consacre l’essentiel
de son activité artistique au Chœur
MELODI qu’elle a fondé avec un
groupe d’amis et d’associés.
Extraits de Presse
L’église du monastère
remplie jusqu’à la dernière
place levait souvent le regard hier, pendant
la liturgie solennelle, vers la galerie avec
la chorale. Les fidèles se demandaient
à qui appartenaient ces voix qui rendaient
la Liturgie de Pâques encore plus solennelle,
et les prières encore plus sublimes.
(" Politika ", 24 avril
1995, à l’occasion de la Liturgie
de Pâques célébrée
au Monastère de la Présentation.)
Une démonstration extraordinairement
marquante, raffinée, authentique, du
vieux chant orthodoxe. (" Politika ",
28 juillet 1996, à l’occasion de
la Cinquième Académie spirituelle
du Monastère de la Présentation
).
La chorale MÉLODI, dirigée
par Divna Ljubojevic,(…) un ensemble noble
aux sons finement équilibrés,
réalisant des interprétations
des chants sacrés byzantins, serbes,
russes et bulgares d’une très haute
portée (" Journal de Novi Sad ",
3 octobre 1996, à l’occasion du
deuxième Festival de Musique Sacrée
de Novi Sad).