| Venu
au Kosovo afin d’y apporter la paix, l’Otan
y a créé l’enfer par S. B.
Mgr. Artemije Radosavljevic
Cet article reproduit l’intervention prononcée
par Mgr Artemije Radosavljevic, le 20 septembre
2007, au colloque de Somferopol (Crimée)
relatif à la possible entrée de
l’Ukraine dans l’OTAN.
Non seulement le départment d’État
des États-Unis pousse actuellement à
la dislocation de la Serbie et à la création
du Kosovo indépendant, mais il espère
que Belgrade rejoindra l’OTAN qui, il y
a peu encore, y déversait ses bombes. Pour
Mgr Artemije Radosavljevic, c’est une nouvelle
catastrophe qui s’abat sur cette terre déjà
si éprouvée.

Comme vous le savez, nous sommes originaire de
Serbie, du Kosovo et de la Metohija, cette Jérusalem
serbe, le berceau de la spiritualité serbe,
de la culture serbe et de la nation serbe. C’est
là-bas que se trouvent nos racines, c’est
là-bas que l’identité spirituelle
de notre peuple s’est construite, où
de nombreux sites sacrés sont situés
(quelque mille trois cents églises et monastères),
érigés durant près d’un
millénaire, et aujourd’hui, essentiellement
à cause d’opérations militaires
à l’initiative de l’Otan, nous
sommes confrontés au grave danger que les
derniers vestiges de notre existence ne soient
détruits.
Que s’est-il passé ? Une telle chose
est donc possible, en ce début de vingt-et-unième
siècle ?
Oui, c’est possible. C’est possible,
précisément « grâce
» aux opérations de l’Otan
sous la houlette de Washington et de Bruxelles.
L’Otan – Organisation du Traité
de l’Atlantique Nord –, cette agrafe
qui associe l’Europe et l’Amérique
du Nord, a été créé
en 1949, avec la mission de garantir la liberté
et la sécurité de tous ses États
membres par des moyens politiques et militaires.
Noble propos, s’il en fut ; mission digne
de la plus haute estime. Malheureusement, cette
mission a été abandonnée,
très précisément depuis la
fin de la Guerre froide, dans les années
1990 (chute du Mur de Berlin et dissolution de
l’Union soviétique). Depuis lors,
l’Otan, afin de justifier son existence,
est en quête d’une nouvelle raison
d’être, et il instaure des priorités
d’un autre ordre.
Bien loin de veiller sur la liberté et
la sécurité de ses pays membres,
l’Otan est désormais l’agresseur
qui menace la liberté d’autrui, qui
viole la sécurité d’un pays
qui ne représente pas le moindre danger
pour lui. Vous avez sans doute d’ores et
déjà deviné que je suis en
train de parler de la guerre déclenchée
par l’Otan contre la République socialiste
de Yougoslavie (c’est-à-dire la Serbie
et le Montenegro), en 1999. Ce fut une guerre
aérienne, dans laquelle les « factions
en conflit » ne se sont à aucun moment
trouvées l’une face à l’autre.
Il s’est agi là d’une guerre
inhabituelle, la première du genre dans
l’histoire des conflits armés. Durant
78 jours, sans discontinuer, l’Otan détruisait
illégalement, de manière injustifiable,
violemment et impitoyablement ma patrie en déversant
des bombes et des missiles de tous types, réduisant
en ruines bien plous de cibles civiles (hôpitaux,
maternités, quartiers résidentiels,
lignes électriques, ponts, usines) que
militaires, visant délibérément
des trains et des autobus bondés de passagers,
et tuant ainsi plus de deux mille cinq cents civils.
Tout ceci fait terriblement mal à mon
peuple. Mais ce qui le blesse encore plus, et
de manière incomparable, c’est l’explication
cynique, la soi-disant « justification »
de leur rage bestiale, consistant à dire
que cela n’était pas dirigé
contre le peuple serbe, mais contre le gouvernement
en place à Belgrade à l’époque,
alors que les victimes civiles innocentes étaient
classées sous les deux mots monstrueux
de « dommages collatéraux »
— une expression tellement hideuse que même
les médias internationaux l’ont proclamée
les « pires des mots » pour l’année
1999.
Ce fut avec une délectation extrême
que les assassins de l’Otan entreprirent
d’assombrir le ciel au-dessus du Kosovo
et de la Metohija, apportant leur soutien aérien
à l’organisation terroriste connue
sous le nom d’ « Armée de Libération
du Kosovo », lançant sur la terre
sacrée du Kosovo et de la Metohija toutes
les projectiles possibles et imaginables, dont
les bombes à fragmentation (en théorie
interdites) et des missiles « améliorés
» à l’uranium appauvri, dont
les effets dévastateurs sont ressentis
encore aujourd’hui dans ces deux régions,
sans aucune considération de nationalité
— y compris des membres de l’Otan
et des soldats de la KFOR sont atteints de séquelles
des radiations.
Ils ont menti, affirmant que la campagne de bombardements,
appelée « Ange de la Miséricorde
», avait été organisée
afin de prévenir une catastrophe humanitaire
qui n’existait nullement à l’époque,
mais qui fut artificiellement créée
par leur agression contre notre pays (et dirigée
avec maestria par les dirigeants albanais de l’ALK
/ UÇK).
Mais ce n’est pas tout. Les crimes commis
par l’Otan contre notre peuple ont atteint
leur pleine expression seulement après
la fin de la « guerre », c’est-à-dire
au moment où les forces de la KFOR sont
entrées au Kosovo et dans la Metohija,
sur la base de la résolution du Conseil
de sécurité et du Traité
(militaro-technique) de Kumanovo, signé
le 10 juin 1999. La KFOR avait mandat, selon ce
traité, de contrer l’animosité
entre les factions en conflit, d’établir
un environnement sécurisé et de
démilitariser l’UÇK. D’après
la résolution 1244 du Conseil de Sécurité,
la KFOR était venue au Kosovo et dans la
Metohija afin d’y établir une existence
pacifique et sure pour tous les citoyens du Kosovo,
et d’y faciliter le retour inconditionnel
et sécurisé des réfugiés
et des personnes déplacées.
Pas une seule des taches énoncées
n’a été menée à
bien depuis lors. C’est exactement après
l’arrivée de la KFOR et des autorités
civiles de l’Onu et de l’UNMIK que
non seulement les catastrophes humanitaires se
sont produites, mais qu’elles ont culminé
dans une épuration ethnique sans précédent
de cette province. Le génocide unique en
son genre de la population serbe, en temps de
paix, inouï dans l’histoire de l’humanité,
se déroule sous les auspices de la KFOR
et de l’UNMIK, dont les membres se mettent
au service des extrémistes albanais et
de l’organisation terroriste UÇK,
leur permettant ainsi de persécuter et
d’exécuter les deux-tiers de la population
serbe chrétienne (250 000 personnes), ainsi
que d’autres communautés non-albanaises
: des Romes, des Tziganes, des Ashkali et des
Goranci.
L’article II de la Convention sur les Génocides
de l’Onu indique : Dans la présente
Convention, le terme ‘génocide’
signifie l’un quelconque des actes commis
dans l’intention de détruire, entièrement
ou partiellement, un groupe national, ethnique,
racial ou religieux, tels que :
(a) L’assassinat de membres du groupe concerné
; (b) L’infliction de dommages corporels
ou mentaux graves aux membres de ce groupe ; (c)
L’imposition délibérée
audit groupe de conditions de vie telles qu’elles
entraînent sa destruction physique, totale
ou partielle ; (d) L’imposition de mesures
visant à empêcher les naissances
au sein dudit groupe ; (e) Le transfert par la
force d’enfants dudit groupe vers une autre
population.
Tous ces points mentionnés dans la Convention
de l’Onu définissant le génocide
ont été infligés au peuple
serbe du Kosovo et de la Metohija durant les huit
années écoulées, en présence
et sous la « protection » des troupes
de l’Otan.
Permettez-moi de vous rappeler que l’histoire
du Kosovo et de la Metohija est une histoire triste
et sanglante. Elle s’étend sur plus
de six siècles. Cela a commencé
avec la célèbre bataille de Kosovo
Poljé, en 1389, et cela n’est pas
encore terminé. Durant toute cette période,
il n’y a eu que quelques jours pacifiques
et ensoleillés, qui représentent
à la grande rigueur une vingtaine d’années.
Toutes les autres années, tous les autres
siècles, se sont écoulés
dans l’obscurité du joug turc, sur
la croix des souffrances endurées. Les
historiens seraient intarissables à ce
sujet, et de nombreux livres ont été
écrits par des auteurs tant locaux qu’étrangers.
Il y a une pléthore de témoignages
qui attestent du fait que toute nouvelle période
fut plus dure, plus ardue et plus sanglante que
la précédente. Les Lamentations
de la vieille Serbie, de Nikola Popovic, décrit
les cent dernières années de la
domination turque. Bien qu’il y eût
encore le joug ottoman, les principaux responsables
des crimes et des violences furent des Albanais
du Kosovo convertis à l’Islam. En
relisant ce livre, et en même temps, en
réfléchissant aux derniers événements,
depuis juin 1999, on ne peut qu’avoir l’impression
que notre histoire se répète. Il
y a peut-être quelques différences
minimes d’intensité, mais l’histoire,
néanmoins, ce répète, c’est
vrai, et aujourd’hui encore plus que jamais
jusqu’ici.
Depuis juin 1999, le Kosovo et la Metohija sont,
une fois de plus, crucifiés. Même
avant cette date, depuis 1941, ces deux régions
ont énormément souffert : elles
ont été traversées par l’incendie
et l’inondation des souffrances : violences,
pillages, meurtres, viols et persécutions.
Et, en dépit de ces injustices, durant
ces huit dernières années, et ce,
sous la « protection » de l’Otan
et l’administration de l’UNMIK, toute
la cruauté éprouvée et enregistrée
par les livres d’histoire a été
surpassée. Le Kosovo et la Metohija sont
crucifiés ! Pouvons-nous imaginer quelque
chose, sous nos yeux, de plus désolant
? On ne peut parler, face à la crucifixion.
Là-bas, on ne peut que rester silencieux,
ou pleurer des larmes amères. Et en particulier
Celui qui est sur la croix ne peut parler. Il
supporte, et il souffre. Et Il prie pour ceux
qui L’ont torturé : « Pardonne-leur,
mon Père, car ils ne savent pas ce qu’ils
font. » Tels sont les paroles du Seigneur
crucifié. Mais nous, qui sommes crucifiés
avec le Kosovo et la Meohija, nous n’osons
pas répéter ces paroles sacrées.
Car ceux qui nous torturent savent parfaitement
bien ce qu’ils sont en train de faire, et
pourquoi ils le font.
Et ce qu’ils font — ils : les terroristes
et les criminels d’aujourd’hui, les
Albanais du Kosovo —, ce qu’ils sont
en train de faire au Kosovo et dans la Metohija
est bien connu, du monde entier. Voilà
déjà huit ans qu’ils s’adonnent
à leurs méfaits hideux sous les
yeux du monde entier, en présence de la
communauté internationale au grand complet,
représentée par les membres de l’UNMIK
et de la KFOR au Kosovo et dans la Metohija..
Leur présence, non seulement dans le rôle
de témoins, mais dans celui d’instance
de gouvernement et d’autorité directe,
loin d’éviter les combats, non seulement
autorise, mais tolère des activités
criminelles. Même si l’administration
intérimaire de l’Onu est toujours
présente et opérationnelle au Kosovo
et dans la Metohija, même si les troupes
de l’Otan ( 16 500 hommes) sont toujours
stationnées sur leurs bases, il y a toujours
des centaines, des milliers de terroristes et
de criminels, qui errent, librement, sans se faire
contrôler, à travers le Kosovo et
la Metohija. Beaucoup de ces criminels sont des
membres officiels d’institutions kosovares,
qui coopèrent en toute légalité
avec la communauté internationale.
Le dernier livre d’Iseult Henry, nom de
plume d’un membre actuel de la mission internationale
au Kosovo et en Mitohija, Cacher le génocide
au Kosovo – Un Crime contre Dieu et l’humanité
[Hiding Genocide in Kosovo - A Crime Against God
and Humanity] traite de cela, concrètement
et en détail. Ce n’est pas une chronologie
typique des événements contemporains,
ni un ouvrage classique de diplomatie, ni un simple
exposé journalistique.
Non. C’est simplement un livre d’histoires,
d’histoires réelles sur ce qui s’est
produit au Kosovo depuis la fin de la guerre de
1999 ; vols, mutilations, profanations de lieux
sacrés – églises et monastères
(plus de 150). Et ces abus ont été
rendus possibles et tolérés par
l’Otan. La distance froide des soldats de
la KFOR, le signal donné de manière
nette et intentionnelle aux malfrats de l’UÇK,
fut, en réalité, le signal donné
au programme silencieux et méthodique d’élimination
des indésirables. Ce programme a culminé
avec le pogrome de mars 2004, où l’ensemble
du Kosovo était à feu et à
sang, tandis que l’Otan se contentait de
contempler le désastre, totalement indifférent.
Rien ne fait mieux comprendre cette passivité
dans le non-accomplissement de sa mission par
la KFOR que l’exemple suivant : un enseignant,
Miomir Savic, du village de Cernica, près
de Gnjlan’, était assis à
la terrasse d’un petit café serbe,
avec des amis. Les terroristes albanais lancèrent
une bombe contre le café, et s’enfuirent.
L’engin mortel explosa, blessant gravement
Miomir. Il perdit beaucoup de sang de blessures
aux jambes. Les gens accoururent à son
secours, mais des soldats états-uniens
de la KFOR leur interdirent de s’approcher.
Il resta étendu sur le sol, là,
deux heures durant, se vidant de son sang. Des
secouristes albanais, un chirurgien et trois infirmières,
vinrent du poste de secours de Gnjilane. Même
eux, ils supplièrent la KFOR de leur permettre
de porter secours à Miomir, mais, même
à eux, les soldats de la KFOR interdirent
de s’approcher de lui. Miomir était
donc là, étendu devant le café,
se vidant de son sang, tandis que la KFOR non
seulement ne faisait rien, mais interdisait à
quiconque de le secourir. Après deux heures
et demie d’attentes, grièvement blessé
aux jambes, un hélicoptère se posa,
avec une équipe médicale (il avait
décollé du Camp Bondsteel). Mais,
pour Miomir, c’était trop tard. Entouré
de GI’s, il poussa son dernier soupir. Pendant
deux heures et demie, ces soldats l’ont
regardé se vider de son sang ! Ils ne faisaient
là qu’obéir aux ordres !
Non seulement les Serbes chrétiens et
les autres ressortissants non-Albanais sont les
cibles des terroristes, mais il en va de même
en ce qui concerne leurs biens : maisons, lieux
saints, y compris les cimetières chrétiens.
Beaucoup de cimetières serbes ont été
vandalisés dans l’ensemble du Kosovo
et de la Metohija : les croix ont été
brisées, les monuments cassés, les
ossements exhumés et dispersés partout,
tandis que certains de ces cimetières étaient
entièrement détruits. Les membres
de l’UÇK ont fait la guerre non seulement
aux vivants, mais même aux morts, sous le
regard de l’Otan, qui a détourné
les yeux : en effet, personne n’a jamais
été trainé devant un tribunal
pour l’un quelconque de ces crimes. Même
les morts (serbes) doivent disparaître.
Même les morts ne peuvent reposer en paix,
au Kosovo. Il est possible de remporter une guerre
contre les vivants, mais personne n’a encore
jamais remporté de guerre contre les morts.
Ceux-ci sont invincibles !
Venu au Kosovo afin d’y apporter la paix,
l’Otan y a créé l’enfer,
sauf pour les Albanais. Ils ont tout obtenu, tandis
que les Serbes et les autres populations ne gagnaient
rien sinon des souffrances, des persécutions,
des destructions. Quel genre de paix est-ce donc
là, si on ne peut même pas parler
sa propre langue dans la rue ; on ne le peut que
dans la cour de sa propre maison (et encore !),
si on ne peut avouer et pratiquer sa propre foi
parce que son lieu de culte est soit derrière
des barbelés, soit a été
détruit ; et si on ne peut pas retourner
dans sa ville natale ? Quel genre de paix est-ce
là, si en quelques années, quelqu’un
fait disparaître toutes les traces de votre
culture, puis entreprend de vous convaincre que
c’est de votre propre faute ?
Et puis, pour finir, cette dernière question
: tout cela, à quelle fin ? Un dilemme
demeure, qui attend toujours une solution :
L’Otan n’est-il entré dans
cette guerre qu’à la seule fin que
les rufians et les charlatans puissent voler leur
maison à leurs propriétaires légitimes
?
L’Otan est-il entré dans cette guerre
afin de s’assurer que les chrétiens
du Kosovo ne puissent plus enterrer leurs morts
dans des cimetières chrétiens, et
qu’ils ne pourront plus se rendre sur les
tombes de leurs parents défunts ?
L’Otan est-il entré dans cette guerre
afin de s’assurer que les quelques Serbes
restés au Kosovo et dans la Metohija ne
pourront plus dormir en sécurité
?
L’Otan est-il entré dans cette guerre
afin de s’assurer que les biens appartiennent
à qui veut s’en emparer, et non à
ceux qui les possèdent légalement
?
La liste des questions similaires est inexhaustible,
et chacune revient à la question fondamentale
: pourquoi ?
Mais ce n’est pas fini. Aujourd’hui,
l’Otan (les États-Unis, et l’Union
européenne) concentre tous ses pouvoirs
afin de couronner les efforts des terroristes
albanais pour leurs crimes perpétrés
au Kosovo et en Metohija contre les Serbes, et
les en récompenser en leur donnant un Kosovo
indépendant, en violation de tous les accords
internationaux, de toutes les résolutions
de l’Onu et de toutes les lois généralement
reconnues concernant l’intégrité
territoriale et la souveraineté de tous
les pays membres de l’Onu, dont la Serbie
fut l’un des tout premiers. Une telle solution
imposée, qui implique la séparation
du Kosovo et de la Metohija de la Serbie, c’est-à-dire
d’une séparation entre l’État
serbe et le peuple serbe dans son intégralité,
où qu’ils vivent, ne sera jamais
acceptée.
On est en train d’exercer à notre
encontre un chantage insolent visant à
nous faire accepter un Kosovo indépendant
(c’est le package proposé par Matthi
Ahtisaari), en échange d’une incorporation
immédiate dans l’Otan. La Serbie
ne l’acceptera jamais. Les victimes des
bombardements de l’Otan, en 1999, ainsi
que les victimes tombées sous les coups
des criminels de l’UÇK, le tout sous
la « protection » de l’Otan,
exigent que nous ne les oubliions, ni que nous
ne les trahissions. Ces victimes sont désormais
notre conscience, et il est de notre devoir moral
de préserver leur paix éternelle
et de permettre à leurs âmes de reposer
en paix, avec le message qu’ils ont déposé,
en même temps que leur vie, au pied de l’autel
de leur Patrie, de sorte que nous ne pourrons
jamais vivre dans la compagnie de leurs assassins.
Beaucoup de Serbes demandent, publiquement : pourquoi
nous précipiter entre les bras de ceux
sous les yeux desquels, et sous la soi-disant
« protection » desquels quelque 2
500 martyrs serbes ont été assassinés,
sans qu’un seul assassin ait été
jugé et puni pour cela ? Le peuple serbe
a le sentiment que mieux vaut disparaître
de la surface de la Terre qu’accepter cela,
car un homme (et une nation) sans honneur, sans
fierté et sans dignité nationale
est réduit au néant, et mérite
qu’on lui crache dessus.
Rejoindre l’Otan, cela serait la pire déchéance,
le pire malheur et la pire humiliation pour le
peuple serbe, de toute son histoire.
Nous sommes persuadés que la Serbie ne
permettra jamais qu’il en aille ainsi.
S. B. Mgr. Artemije Radosavljevic
Archevêque de Raska et Prizren de l’Église
orthodoxe serbe.
Traduction Marcel Charbonnier
Source: http://www.voltairenet.org/fr
|