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Procès de Ramush Haradinaj : vers un nouveau fiasco judiciaire ?
TRADUIT PAR PERSA ALIGRUDIC
Publié dans la presse : 4 mars 2007 B92

C’est aujourd’hui que commence le procès de l’ancien Premier ministre du Kosovo Ramush Haradinaj devant le TPI de La Haye. L’ancien commandant de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) doit répondre de crimes de guerres et de crimes contre l’humanité. Mais de nombreux témoins ont été assassinés, et les survivants sont terrorisés. Dans ces conditions, l’accusation aura du mal à prouver la culpabilité de l’accusé.
Alors que le Parquet affirme que 99 témoins vont témoigner contre Haradinaj, ce chiffre serait nettement inférieur d’après les informations officieuses de B92. La majorité des témoins a changé d’avis et renoncé à témoigner, alors que d’autres sont morts dans des circonstances non élucidées.
Bien qu’il soit confirmé que Kujtim Berisha a été victime d’un accident de la route à Podgorica, sa mort est la dernière dans la série des « disparitions mystérieuses » des témoins à charge potentiellement dangereux dans le procès contre Haradinaj (Lire notre article « Kosovo : un témoin disparaît à quelques semaines du procès de Ramush Haradinaj »). Avant lui, en 2000, un membre de la famille Musaj a été tué à Decani et trois ans après, ce fut au tour de Tahir Zemaj, ancien colonel de l’ Armée populaire yougoslave (JNA) et ancien commandant des Forces armées de la République de Kosova (FARK, la milice rivale de l’UCK) de disparaître à Pec.
En 2005, Skender Kuci a été tué, et Hasan Rustemi, témoin protégé de la MINUK, est assassiné sur le marché de Mala Krusa près de Prizren, avec le message « c’est le sort qui sera réservé à tous ceux qui oeuvrent contre l’UCK ».
Bien que l’on n’en parle pas publiquement, il est très probable que les témoins oculaires des crimes commis par Ramush Haradinaj aient été achetés ou qu’ils soient terrorisés, de sorte que même les membres des familles de victimes ont modifié leurs premières dépositions et renoncé à témoigner.
Milivoje Mihajlovic, journaliste au Kosovo depuis 16 ans, affirme que les preuves et les témoins manquent au Parquet. « Vous n’avez qu’à voir l’acte d’accusation contre Haradinaj : il contenait 37 articles, dont 21 ont été modifiés. Cela prouve clairement que le Parquet n’a pas assez de soutien auprès des témoins et, que sous l’influence de Haradinaj, il a perdu cette base. Je pense que ce n’est pas par hasard que Ramush Haradinaj a dit qu’il était humilié par l’acte d’accusation, car il a fait tout son possible pour éliminer les témoins importants qui auraient pu le faire condamner à une lourde peine », constate Milivoje Mihajlovic.
Ramush Haradinaj est accusé de viols, de meurtres et d’actes de torture contre la population non albanaise en 1998. Le Parquet le considère responsable de la mort de 32 Serbes et Rroms dont les corps ont été trouvés dans le lac de Radonjic près de Glodjan, tandis que les membres de l’UCK dont il était le commandant ont commis des crimes contre les Albanais considérés comme collaborateurs des autorités serbes.
Néanmoins, Milivoje Mihajlovic affirme que l’acte d’accusation ne couvre pas les crimes atroces commis par Haradinaj au cours de l’année 1999 : « Il n’y aura pas de punition, bien que les actes d’Haradinaj en Metohija/ Dukagjini soient connus : c’est la seule région au Kosovo qui ait été ethniquement nettoyée et ce, à l’époque où Haradinaj avait le commandement de l’UCK sur ce territoire. Je pense qu’on va lui infliger une peine qui ne correspond pas à sa responsabilité ».
Milivoje Mihalovic considère aussi que le Tribunal de La Haye porte aussi une responsabilité dans les déperditions de l’accusation, car il a permis à Haradinaj, pendant sa remise en liberté, de s’engager politiquement et de faire passer des « messages » aux témoins, à travers ses rencontres avec les officiels de la communauté internationale, sur l’influence dont il continue à jouir au Kosovo.
L’accusé dispose d’une puissante équipe d’avocats de Grande-Bretagne dont le bureau à Londres est dirigé par l’épouse du premier ministre britannique Tony Blair. On suppose que Ramush Haradinaj a engagé beaucoup d’argent pour sa défense, comme en témoigne la déclaration de la défense qui, pour continuer le procès, a besoin de 2 millions d’euros de plus.

Le TPIY rend son premier verdict sur l'UCK kosovare
Le Haye 05.03.2007
Fatmir Limaj plonge son visage dans ses mains et laisse couler des larmes de joie. Mercredi 30 novembre, l'ancien commandant de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) vient d'être acquitté par les juges du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). Dans la galerie du public, les gardes de sécurité tentent de contenir l'explosion de joie spontanée des partisans de l'un des "héros de la guerre de libération". A Pristina, le verdict a été accueilli dans un tintamarre de klaxons et de coups de feu.

atmir Limaj devait répondre de crimes commis dans la ferme de Lapusnik, au Kosovo, transformée, entre mai et juillet 1998, en camp de détention pour Serbes et Albanais accusés de collaboration avec le pouvoir de Belgrade. Dans le box des accusés, deux hommes étaient à ses côtés. Le commandant Isak Musliu a, lui aussi, été acquitté. Mais Haradin Bala, "simple garde, sans pouvoir ni autorité", a été condamné à treize ans de réclusion pour crimes contre l'humanité et violations des conventions de Genève. Qualifiée de "mouvement terroriste" par Belgrade, l'armée indépendantiste avait affronté les forces de Slobodan Milosevic entre décembre 1997 et juin 1999. L'intervention de l'OTAN, au printemps 1999, avait entraîné le retrait des forces serbes de la province, administrée depuis par les Nations unies.
Sur 312 pages, le jugement rappelle les fondements de la guérilla et reconnaît l'existence d'un conflit armé sur cette province de Serbie. Les juges affirment aussi que, dans le camp de Lapusnik, les prisonniers subissaient des traitements cruels, mais estiment que les deux commandants n'avaient pas d'autorité légale sur les soldats auteurs des exactions. En revanche, le gardien Haradin Bala a été reconnu coupable d'avoir battu "L12" — devenu témoin protégé — après l'avoir enchaîné au mur de la prison, d'avoir menacé des prisonniers d'une arme sur la tempe et d'en avoir exécuté neuf autres sur le mont Berisa, emmenés comme otages dans la fuite des soldats de l'UCK à l'approche des forces serbes. Circonstance atténuante : il n'a fait qu'obéir aux ordres. De qui ? Les juges ne désignent aucun responsable. Les preuves présentées par le parquet sont trop faibles, arguent-ils.
Le procureur, Alex Whiting, affiche un sourire en coin. En 1998 déjà, les représentants de la communauté internationale qui rencontraient les membres de cette "armée souterraine", peinaient à en définir la chaîne de commandement et à poser des noms sur des visages, identifiés par des nombres pour les membres de l'état-major, ou des pseudonymes pour les chefs des sept zones militaires.
TÉMOINS "HOSTILES"
Outre cette difficulté, le procureur a aussi été confronté aux témoins "hostiles". Entre leur interrogatoire au Kosovo et leur audition à la barre du tribunal, plusieurs témoins sont revenus sur leurs déclarations, se retournant en faveur des accusés. Par ailleurs, en mai, Beqa Beqaj, un ouvrier kosovar, a été condamné à quatre mois de prison pour avoir intimidé des témoins en faveur des deux acquittés.
Le verdict rendu mercredi est le premier prononcé à l'encontre de combattants de l'UCK. Les principaux responsables de la guérilla n'ont pas été inculpés par la procureure du TPIY, Carla Del Ponte, mais le tribunal de La Haye doit encore juger trois anciens membres de l'Armée de libération du Kosovo parmi lesquels Ramush Haradinaj, désigné premier ministre quelques mois avant sa mise en accusation, en mars 2005. Mis en libération provisoire dans l'attente de son procès, prévu pour 2007, ce dernier bataille devant le TPIY pour obtenir l'autorisation de mener des activités politiques au Kosovo, alors que les négociations sur le futur statut de la province ont débuté.

SOLIDARITÉ KOSOVO
Communiqué du 22 février 2007
:: Rencontre le 2 mars 2007 à Paris ::
Pour la troisième année consécutive, l’association Solidarité Kosovo a organisé pour Noël un convoi humanitaire en direction de Kosovska Mitrovica, ville bastion située au nord du Kosovo.
Bien que la ” communauté internationale ” et les médias restent tragiquement silencieux sur le sort des populations serbes du Kosovo-Metohija, il n’en demeure pas moins qu’en cette fin de mois de février 2007, celles-ci sont toujours à la merci d’une guerre. Preuve en est l’augmentation des tensions interethniques suite à la proposition de quasi indépendance du Kosovo par Martti Ahtisaari (envoyé spécial de l’ONU). Cette proposition verrait le pouvoir des Albanais musulmans décuplé au détriment des autres populations du Kosovo, et bien entendu des Serbes dont c’est pourtant le berceau historique. Cette recrudescence des tensions s’accompagne d’une forte hausse du trafic d’armes en direction des parties albanaises du Kosovo?
Afin de faire mieux connaître en France la situation actuelle des Serbes du Kosovo et de présenter notre dernier voyage humanitaire de décembre 2006, l’association Solidarité Kosovo organise une conférence le vendredi 2 mars 2007 à Paris.
La rencontre se tiendra à 19h30 au S.E.I.N - 4 Place St Germain des Prés - 75006 Paris.
Entrée 5 euros - stands sur place.
Venez nombreux pour lever un verre de Slivovica au Kosovo avec nous !
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SOLIDARITÉ KOSOVO
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