Orthodoxie.com
jeu. 07 févr. 2008 http://www.cwnews.com/news/viewstory.cfm?recnum=56398
Sur la visite du président
du Kosovo au Vatican
« Le Kosovo est une terre où
le christianisme était présent depuis
le premier siècle de l'ère du Christ.
La minorité chrétienne dans cette
région à dominante musulmane, et
en particulier la population serbe – orthodoxe,
a été persécutée et
a subi des violences dans les conflits des années
90 du XX siècle. »
Après la visite de Fatmir Sejdiu, le président
du Kosovo, au Pape Benoit XVI, le 2 février
2008 à Rome, le service de presse du Vatican
a publié un communiqué le 4 février
rappelant que le Saint Siège n'a pas changé
sa position relative à la proclamation
de l'indépendance de la province serbe.
Le Vatican "suivra avec attention le développement
de la situation sur le terrain".
Le communiqué précise que la position
du Saint Siège est pour un règlement
pacifique du statut de Kosovo et Métochie
en respectant les deux parties concernées.
Le Vatican souligne que le Pape de Rome a rappelé
à son interlocuteur que « (…)
Le Kosovo est une terre où le christianisme
était présent depuis le premier
siècle de l'ère du Christ. La minorité
chrétienne dans cette région à
dominante musulmane, et en particulier la population
serbe – orthodoxe, a été persécutée
et a subi des violences dans les conflits des
années 90 du XX siècle. »
Sources : Catholic world news, VIS
http://www.cwnews.com/news/viewstory.cfm?recnum=56398
http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=0602082_kosovo
Rome, le 06 février 2008 - Le Kosovo est
le berceau culturel et spirituel de la Serbie.
Le 3 février dernier, le Pape Benoît
XVI recevait, le président du Kosovo Fatmir
Sejdiu. Suite à cette rencontre le Vatican
a diffusé un communiqué de presse
indiquant "la position du Saint-Siège
sur le statut juridique définitif du Kosovo''.
Kosovo, Benoît
XVI sera-t-il entendu ?
Le 3 février le Pape Benoît XVI
recevait, le président du Kosovo Fatmir
Sejdiu. Suite à cette rencontre le Vatican
a diffusé un communiqué de presse
indiquant "la position du Saint-Siège
sur le statut juridique définitif du Kosovo''.
Cette entrevue a permis au pape Benoît
XVI de recevoir des informations directes sur
la situation actuelle et sur les perspectives
futures.
C'est dans cette perspective que nous publions
la chronique internationale de François
Dreyfus
Le pape Benoît XVI a souhaité dans
son Discours au Corps Diplomatique, du 7 janvier
2008, qu'on garantisse la sécurité
et le respect des droits de ceux qui habitent
sur cette terre, pour que soit dissipé
définitivement le spectre d'un conflit
violent et que la stabilité européenne
soit renforcée.
Le drame du Kosovo
En ce 90e anniversaire des 14 articles du président
Wilson de 1918, on peut voir aujourd’hui
une dramatique conséquence de ces propositions
utopiques. En effet, l’idéologie
du président Wilson, en invitant au dépècement
de l’Empire des Habsbourg, en proclamant
comme vérité politique fondamentale
le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes,
en imposant au monde entier des régimes
démocratiques comme une fin en soi, est
à l’origine de nombre de catastrophes
humaines et politiques du xxe siècle –
on l’oublie un peu trop souvent.
Cette fois-ci, c’est dans les Balkans que
se prépare un drame humain et politique,
la vraisemblable proclamation de l’indépendance
du Kosovo qui se produira sans doute dans les
jours à venir avec la bénédiction
des États-Unis et de l’Union européenne,
au mépris du droit international : en effet
les Nations Unies ont souhaité que l’on
arrache le Kosovo à la Serbie au prétexte
que la majorité de la population est albanophone.
Le Kosovo est le berceau culturel et spirituel
de la Serbie. En juin 1914, on comptait au Kosovo
300 000 habitants dont moins de 130 000 étaient
musulmans et albanophones. De 1914 à 1938,
la population serbe, profitant de son niveau général
supérieur à celui des Albanais,
refusant la misère du Kosovo ruiné
par quatre siècles d’oppression ottomane,
puis par la Grande Guerre, a fortement émigré
vers la région de Belgrade, mais aussi
vers les États-Unis et le Canada (environ
35 000). Ayant une démographie plus dynamique,
les albanophones représentent un peu plus
de la moitié de la population (58 %). Le
coup de grâce au Kosovo serbophone est donné
par le maréchal Tito. Croate, se méfiant
des Serbes, il fit du Kosovo une province autonome
de la République serbe, un des États
fédérés constituant la Yougoslavie
: de 1948 à 1981, la population albanophone
croît de 15 %, les serbophones s’accroissent
de 5 % seulement. En 1990, il ne reste que 27
% de Serbes. La politique de Milosevic pousse
en 1999 les albanophones à fuir vers l’Albanie
: au nom des grands principes, les puissances,
au lieu d’aider les Kosovars albanophones
à s’installer en Albanie, qu’ils
auraient contribué à moderniser
et développer, obligent manu militari (on
se souvient des bombardements de Belgrade) les
Serbes à laisser les albanophones revenir
au Kosovo. Les albanophones, triomphants, réclament
leur indépendance du Kosovo, entraînant
l’exode des 2/3 de la population serbophone.
Il reste environ 10 % de serbophones au Kosovo
aujourd’hui. Depuis les dernières
élections, le gouvernement albanophone
du Kosovo veut proclamer l’indépendance,
avec l’accord complice de Washington. L’Union
européenne se résignera à
l’accepter ! Mais quelle sera la réaction
de Moscou, allié depuis toujours de Belgrade
qui refuse le démantèlement de l’État
serbe ?
Les ressorts de la politique US
Pourquoi Washington joue-t-elle de cette manière
? Il y a, à cela, plusieurs raisons : tenant
à l’amitié avec la RFA protectrice
des Croates et des Slovènes, elle n’a
pas d’objection à ce démantèlement
de la Serbie. Les États-Unis, pas plus
d’ailleurs que la France, n’ont compris
que chez les Slaves du Sud, les appartenances
ethniques et religieuses sont bien plus importantes
qu’une relation avec un État. Rappelons-nous
les conflits entre Serbes et Croates dans la Yougoslavie
d’avant-guerre, les oppositions ethnoculturelles
dans l’État de Tito.
Au surplus, les États-Unis s’intéressent
au Kosovo, car un Kosovo indépendant dépendra
financièrement d’eux et cela leur
permettra de contrôler de très près
le débouché du gazoduc Caspienne-Grozny-Novosibirsk-Bulgarie-Monténégro.
Les Russes de surcroît envisagent de reconstituer
leur flotte en Méditerranée en la
basant dans le fjord de Kotor au Monténégro.
D’autres solutions ?
Ainsi Washington, une fois de plus, joue avec
le feu. Le monde orthodoxe, profondément
attaché au symbole que représente
le Kosovo dans le conflit millénaire entre
chrétiens et musulmans, est hostile à
cette volonté américaine. Outre
les Serbes et les Russes, leurs éternels
alliés, Bulgares et Macédoniens,
sont fondamentalement hostiles à la mainmise
musulmane sur ces trésors chrétiens
du Kosovo. C’est là que se trouvent
les importants monastères et églises
de Gracanika, de Lieviska et de Pec, qui soulignent
le poids de la chrétienté orthodoxe
dans les conflits avec les Ottomans dans les Balkans
depuis l’ère byzantine. Pour nombre
d’orthodoxes, abandonner le Kosovo aux albanophones
musulmans est un crime d’autant plus grand
qu’églises et monastères,
aujourd’hui toujours, ne sont pas des monuments,
mais des lieux vivants, vibrant de foi, héritiers
d’une longue histoire.
Y avait-il d’autres solutions pour le Kosovo,
en dehors de l’indépendance ? On
pouvait envisager un partage de la province en
regroupant la population serbophone dans le Nord-Est
de la région à proximité
de la Serbie traditionnelle et donner le Kosovo
albanophone à l’Albanie : cela paraît
dangereux à plusieurs titres, plus précisément
car cela confortait le rêve d’une
Grande Albanie annexant le tiers occidental de
la Macédoine et la province grecque d’Epire,
grande Albanie envisagée par les Italiens
en 1915 et plus tard au temps de Mussolini.
Naturellement la vraie solution était
de laisser le Kosovo à la Serbie, mais
de faire du Kosovo albanophone une région
jouissant d’une grande autonomie garantie
par l’Union européenne. Cette solution
complétée par le rattachement de
la Bosnie serbophone à Belgrade, la Bosnie
musulmane et catholique étant rattachée
à la Croatie. Cela éviterait l’existence
de micro-États qui pourraient constituer
de vrais précédents dans l’Union
: l’Ecosse, la Flandre, le Pays Basque,
la Corse et bien d’autres.
Une fois encore, pour tancer Moscou et interdire
l’extension de Gazprom, les États-Unis
ouvrent des vannes dangereuses. Le drame est que
les États membres de l’Union européenne
se tiennent cois, n’osant pas faire de peine
même légère à Washington.
François-Georges Dreyfus
Emetteur : Etat
du Vatican 04/02/2008 - 17:40
Vatican : le Saint-Père a reçu le
Président kosovar
CITE DU VATICAN, 2 FEV 2008 (VIS). Voici le communiqué
diffusé par la Salle- de-Presse du Saint-Siège
à la suite de la visite du Président
kosovar: Le Saint-Père a reçu M.Fatmir
Sejdiu "avant tout afin de manifester sa
solidarité à toute la population
d'une région où le christianisme
est présent depuis les premiers siècles.
L'Eglise catholique, qui compte environ 65.000
fidèles, y accomplit un service apprécié
dans la santé et l'éducation, offert
à tous les kosovars, quelles que soient
leur ethnie ou leur religion".
"Cette rencontre a également permis
au Pape de recevoir une information directe sur
la situation et ses perspectives. L'audience accordée
à la plus haute autorité civile
de cette province autonome de la Serbie, sous
administration des Nations-Unies en vertu de la
Résolution 1244 du Conseil de sécurité,
n'implique aucun changement de position du Saint-Siège
quant au statut futur du Kosovo".
"En cas d'une déclaration d'indépendance,
le Saint-Siège suivra avec attention l'évolution
de la situation et tiendra compte des positions
de la communauté internationale. Il n'épargnera
aucun effort pour encourager toutes les parties
à la réconciliation, à la
justice et à la paix, et rappelle ce qu'a
dit le Saint-Père au Corps Diplomatique
le 7 janvier dernier. Dans ce discours, s'adressant
à qui garantit la sécurité
du Kosovo, Benoît XVI en appelait au respect
des droits de tous ses habitants, à l'élimination
définitive du spectre de la violence et
au renforcement de la stabilité européenne".
News Press 2008
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