Site visité
fois.

Dès le début des bombardements sur la Serbie en mars 1999, des personnes de tous horizons se sont regroupées autour de Monseigneur LUKA ( Evêque de l'Eglise Orthodoxe Serbe à Paris ) et ont créé une Association loi de 1991 pour aider les populations civiles en Yougoslavie.

Cette association fait partie d'une Union d'associations (ONG) nommée "PHILANTROPIE" qui a son siège au Patriarcat de l'Eglise Orthodoxe Serbe à Belgrade. L'Eglise Orthodoxe Serbe avait créé "PHILANTROPIE" en 1991 pour assurer son indépendance dans ses activités humanitaires. C'est "PHILANTROPIE" qui, à l'arrivée des camions se charge de distribuer toute l'aide en fonction des besoins, à travers son propre réseau indépendant de tout pouvoir politique. Ses responsables s'assurent de l'intégrité et du dévouement des personnes chargées de cette distribution. De leur côté, les responsables de notre association se tiennent informés en temps réel de l'acheminement et de la distribution de notre aide. Des listes précises du contenu de chaque camion sont dressées au départ et contrôlées à tous les stades de la distribution, de manière à limiter le plus possible les détournements éventuels.

Nos correspondants nous informent des besoins les plus criants mais, malheureusement, la situation est tellement difficile - et elle ne cesse de se dégrader - que nous ne pouvons pas toujours les satisfaire.

Depuis le 28/04/1999, nous avons envoyé 24 semi-remorques contenant essentiellement du matériel médical et des médicaments, mais aussi de la nourriture, des vêtements, du linge et du matériel scolaire. Toute cette aide nous est offerte par des particuliers, d'autres associations, des hôpitaux, des médecins, ainsi que par "l'Institut de Solidarité des HAUTS-DE SEINE". Le tri et le conditionnement sont assurés par nos bénévoles, de même que le chargement des camions.

Pour collecter les fonds nécessaires à l'acheminement des camions (le transport seul revient environ à 18 000 F par camion) et à l'achat de quelques médicaments co˛teux et indispensables, l'association a lancé plusieurs appels à la radio (Radio Courtoisie a été la seule station à diffuser nos appels), et organisé un concert de musique classique à l'église Saint-Etienne-du-Mont le 12/05/2000. Un autre concert est prévu.

En plus de ces activités, l'association a essayé d'informer le public par des tracts et par l'édition d'un livre "LE KOSOVO CRUCIFIÉ" dont le but est de faire conna”tre les dégâts subis par le patrimoine religieux et culturel au Kosovo.

Pour que nous puissions continuer notre travail, nous faisons appel à l'aide de toutes les personnes qui en ont le désir et la possibilité, et, tout en les remerciant, nous invitons nos amis à poursuivre leur aide qui nous a été jusqu'ici si précieuse.


Le jeudi 5 octobre à 19 heures à la Mairie du IXe arrondissement de
Paris 6, rue Drout M. Richelie-Drout

grâce à la bienveillance de Monsieur le Ministre et
Maire du IXème arrondissement de Paris,
Gabriel Kaspareit
LE DIOCèSE ORTHODOXE - AIDE HUMANITAIRE
Association régie par la loi du 1er juillet 1901
Tel. : 01 42 52 99 90 Fax : 01 42 58 21 07)
Organise une rencontre d'informations à l'occasion de la sortie du livre

LE KOSOVO CRUCIFIÉ:


Kosovo et Metokhie

Balkans Studies de Salonique 1997
raccourci et arrangement selon un texte donné par B.Bojovic

Géographie :

Kosovo Polje a une étymologie slave. La tentative ridicule de le nommer KOSOVA, en changeant la dernière voyelle comme font certains médias induits en erreur par des nationalistes albanais, ne suffit pas pour s'approprier l'origine du Kosovo. Le Kosovo Polje, le Champ des Merles est un vocable serbe. Kos veut dire merle, en serbe. Les cartes géographiques nouvellement éditées à Tirana et distribuées pendant les deux derniers salons du livre à Paris, ont installé le Kosovo Polje sous la bannière de l'Aigle noir sur fond rouge, comme s'il appartenait déjà à l'Albanie. C'est encore à voir. Les jeux ne sont pas faits. D'ailleurs, le nom complet et officiel de la région est Kosovo et Metohija, en fran¨ais, Métokhie. Dans le vocabulaire actuel Métokhie a mystérieusement disparu parce qu'elle tient son origine du metokhion mot grec qui désigne les domaines ecclésiastiques. C'est une appellation historique trop visiblement attachée à l'orthodoxie et à l'église serbe pour convenir au pouvoir communiste qui s'est approprié les biens de l'église, à certains Albanais du Kosovo et d'Albanie, et à la Communauté Internationale, qui si elle est obligée de restituer ces terres au propriétaire légitime, ne pourra plus imposer l'indépendance du Kosovo. KetM se compose de deux vastes plaines distinctes, situées dans le sud-ouest de la Serbie. Ses frontières sont au nord, la Macédoine et la montagne Char Planina, à l'ouest, l'Albanie séparée par le haut massif de Prokletije, ( Prokletije aussi est un toponyme slave qui signifie la Montagne Maudite ), puis au nord-ouest, le Monténégro avec Skopska Crna Gora. Vers l'est, s'étendent des collines. La région couvre un espace de 100 km sur 100, soit 10887 km2. Une cha”ne montagneuse la traverse du nord au sud, ménageant deux grandes plaines : Kosovo à l'est, et Métokhie à l'ouest.
- Ces plaines sont très fertiles et inspirent depuis toujours la convoitise de l'Albanie voisine.
- Elles sont riches sur le plan minier : charbon, plomb, zinc, argent, ce qui aiguise d'autres appétits plus lointains.
- KetM se trouve à la croisée des chemins entre l'Asie et l'Europe. Cette position stratégique exceptionnelle a toujours intéressé les puissances qui souhaitaient s'en prendre à l'Europe. A l'heure actuelle, la superpuissance mondiale, les Etats Unis, a profité du déploiement des forces de l'OTAN, pour installer au Kosovo une base militaire construite pour durer, le Bondesteel. Ses alliés ont été mis devant le fait accompli.

l'Epoque médiévale: Naissance et Apogée du KetM serbe:
Le Haut Moyen ge est ici encore plus qu' ailleurs, une période de turbulence faite d'invasions barbares répétées (fin du IV). Plus tardivement, des luttes frontalières pour délimiter les territoires de chacun, opposent de nombreuses fois, les Serbes et les Byzantins.
Mais la région et c'est très important de le souligner, n'a jamais existé en tant qu'entité autonome.
- Martino Secondo, Evêque catholique d'Ulcinj l'affirme dans son livre :
" Un umanista serbo-dalmatta del tardo Quatrocento ", publié en 1480.
Des ouvrages plus récents, confirment les données de Martino Secondo, - les Ed.Pertusi, publiées à Rome en 1981,
- Kosovo-Metohija dans l'histoire serbe, de Samardjic, publié à Lausanne en 1990.
La présence des Slaves est attestée par des fouilles archéologiques et les toponymes slaves, surtout à partir du XIème siècle, lorsqu'ils purent commencer à construire. L'arrivée des tribus serbes et croates commence au VI siècle et s'achève au VII. Ces tribus s'installent avec la permission de l'Empereur Héraclius ( 610-641) qui leur demande en échange de devenir des " fédérates ", c'est à dire qu'ils acceptent de défendre le sol de l'Empire contre les invasions turco-tatares des Avares. Les terres qu'ils occupent sont dévastées et br˛lées par des invasions antérieures. Ils reconstruisent tout peu à peu, en respectant leur contrat : défendre l'Empire contre les envahisseurs.

Le Peuplement :

Les populations autochtones trouvées sur place sont de deux sortes :
1) - les sédentaires : Dardanes, Autariates et Illyriens. Ils se réfugient dans les grandes villes, à Salone, à Salonique et sont assimilés par cinq siècles d'occupation romaine. Raconter maintenant que les Albanais qui sont un peuple bien spécifique, descendent des Illyriens est une aberration. Tous les peuples de l'Adriatique ont été forcément mélangés à des Illyriens.
2) - des transhumants : Valaques, KutsoValaques, Aroumains, Tsintsars, et au sud-ouest des pays serbes, des Arvannitai et des Arbanach (Albanais). Ils sont libres de se promener dans la région et ne sont pas astreints au servage, au quel les agriculteurs slaves sont obligés de se plier. Dans les sources juridiques du Moyen ge répertoriées par K.I.Amantos, "Histoire des guerres byzantines II ", publié à Athènes 1947, on trouve trace d'une sorte de recensement . Il y a au VII siècle, dans la région du Kosovo, 590 villages , 15.186 familles, 75.000 habitants slaves. C'est la plus forte densité de population dans les Balkans. Il existe une " loi pour les Serbes ", recueil de règles qui régissent le servage de la population agricole, et une " loi pour les Valaques ", qui régissent les nomades. On appelle la loi qui concerne les nomades, la loi pour les Valaques, parce que ceux-ci sont les plus nombreux parmi les peuples nomades cités. La conversion progressive des Valaques en sédentaires les amène naturellement à obéir à la loi pour les Serbes. Au KetM, chaque groupe de population conserve sa propre identité, alors que dans les territoires romains ou byzantins, on l'a vu pour les Illyriens et les Dardanes, les populations dispara”ssent en s'assimilant.Les Slaves qui s'installent dans les antiques territoires grecs n'échappent pas à la règle, ils sont hellénises aussi et leur trace dispara”t.

Les Toponymes:

Les toponymes dans la région KetM sont slaves à 98 %.
l'ouvrage de Loma, " les Slovènes et les Albanais au XII. siècle ", p.279-323 - publié à Belgrade en 1972, fait une étude minutieuse. Même les toponymes de l'Albanie dans les régions frontalières, ont des origines slaves.

Les Principautés serbes:

Les premières principautés serbes installées en KetM reconnaissent la souzeraineté de l'Empereur de Byzance, mais leurs frontières sont imprécises parce que mouvantes. Pendant deux siècles, du 9ème au 11ème, on se battra pour les définir.
- Entre 924-927, l'Empereur bulgare Siméon envahit complètement la Serbie et forme un Empire qui s'étend jusqu'à la mer Ionienne, qui englobe bien entendu aussi le Kosovo et Métokhie.
- Anne Comnene, fille de l'Empereur de Byzance Alexis I, écrit au IX siècle que la forte densité de population à majorité orthodoxe vit en Metokhie. La limite entre les Slaves et les Albanais serait dessinée par la rivière Drim*.
* Drim est une rivière située en Albanie.
Anne Comnène parle aussi de " deux Pilot albanais " ( oot Rabna Pilota ooba ) ce qui veut dire que de l'autre côté du massif de Prokletije, vivent des Albanais.
- L'Archevêque catholique de Bar, Marin Bizzi, , fait à peu près le même constat en 1610, quelques siècles plus tard.
- Au Xème siècle, 927-950, Caslav Klonimirovic, unifie les pays serbes : Raska (partie continentale de la Serbie :), Dioclée, (actuellement l'Albanie du nord et le Monténégro) Travounie (Dalmatie), Hum (Herzégovine), Bosnie centrale.
- Il est battu par les Hongrois arrivés depuis peu en Panonie.
- Puis en 1018, la destruction de l'Empire bulgare de Samouilo, restaure la puissance de Byzance dans la région pour une durée de 150 ans. Au XIème siècle, un premier royaume serbe est formé autour de la Dioclée. La Raska ou Rascie est confiée à l'administration des grands Joupans serbes qui guerroient contre les gouverneurs nommés par Byzance. Leur capitale est Ras, au Kosovo et Métokhie. L'archidiocèse d'Ohrid fondé par l'Empereur byzantin Bazile II, en 1018, englobe les villes antiques de Prizren et de Lipljan, qui sont reconstruites. Bazile comptait y installer des sièges administratifs et diocésains de l'Archevêché autocéphale d'Ohrid, composé de deux Evêchés : l'Evêché de Prizren, comprenant les villes slaves Hvosno, Leskova,Vret, et l'Evêché de Lipljan. D'incessants soulèvements slaves contre le pouvoir de Byzance conna”ssent des bonheurs divers. Les Serbes br˛lent du désir d'avoir leur propre Archevêché.
- En 1093, le Joupan Vukan, occupe la ville diocésaine byzantine de Lipljan et traverse Char Planina pour se diriger vers la Macédoine. Anne Comnene indique dans ses écrits que la frontière entre Byzance et la Serbie passe à cette époque entre Lipljan et Zvecan, toutes deux situées au KetM.
- Après l'avènement de Stevan Nemanja, Prizren, l'autre siège diocésain, devient serbe également. Il le restera. D'autres villes Hvosno, Podrimlje, Patkovo, Lab, Sitnica, Kostrc, Draskovina habitées par des populations slaves sont rattachées à la Serbie. La Serbie peut enfin avoir son propre Archevêché. Sava, le fils de Stevan Njemanja en est le premier Archévêque et législateur des canons de l'Eglise serbe : le Nomocanon. Les terres du KetM, principalement celles de Métokhie, furent distribuées au clergé orthodoxe serbe et aux monastères :
- la grande Laure de Studenica
- fondée par Stefan Nemanja en 1186
- le monastère de Gradac, fondé par Hélène d'Anjou, reine serbe venue de France
- les monastères de Banjska et de Gracanica
- l'Eglise de Bogorodica Ljevichka de Prizren, fondation du roi Milutin
- le monastère de Decani, fondation de Uros III
- le monastère des Saints Archanges de Prizren
Les chartes de ces fondations sont une très riche source d'informations historiques, juridiques, onomastiques, et toponymiques. Elles apportent des preuves irréfutables sur l'histoire de la région, d'o¯ un tel acharnement à les détruire. On sait par exemple, qu'il y avait moins de 10 % d'Albanais à l'époque des chartes. Les familles rurales sédentaires étaient serbes. La structure ethnique des villes est un peu moins bien connue. Cependant, l'essor du commerce à Prizren et d'autres villes, favorisa plus tard, l'immigration albanaise. A.Ducellier dans ses travaux et mémoires : ŌArbanon et les Albanais au XI siècle, publié en 1968, répertorie les Albanais et leurs migrations. En 1233, Pec est choisie pour être le siège de l'Archevêque de Serbie. En 1346, lorsque l'archevêché se transforme en Patriarcat, Pec devient Patriarcat. Pendant les trois siècles suivants, KetM devient le centre vital, culturel, religieux, politique et économique de la Serbie. KetM, on l'a vu, est doté d'un très riche sous-sol. Il est exploité dès le XIIème siècle : essentiellement autour de Trepca. Les rois serbes font venir des mineurs saxons qui conservent leur religion catholique et leur jurisprudence, tout en s'assimilant à la population slave.

Prospérité:

Prizren hérite des Byzantins l'élevage des vers à soie et devient une ville commerciale très importante. Elle attire une immigration travailleuse et abrite le siège du consul ragusain. Il y a deux églises catholiques à Prizren : St Pierre et Ste Marie. De nombreuses routes sillonnent KetM et menent les marchandises variées, dans toutes les directions, vers la mer ou à l'intérieur des terres et du continent.

Dynasties et Monuments religieux:

Sur les trois dynasties qui règnent en Serbie, deux sont originaires du Kosovo.
- Le Prince Lazar est né à Prilepac.
- Drenica est le berceau des sebastocrators , les gouverneurs désignés par le Tsar Dusan, dont est issue la dynastie des despotes de Serbie, les Brankovici. Aujourd'hui Drenica est le repère de l'UCK le plus dur. Les rois de Serbie ne restent pas sur place mais se promenent dans diverses villes administratives, qui toutes sont situées au KetM : Pristina, Prizren, Ribnik, Nerodima, Pauni, Vrlah, Svrcin, Petric, Brnjaci (à Brnjaci, près de Kosovska Mitrovica, se trouvait la résidence favorite de la Reine Hélène d'Anjou )La densité des monuments religieux entre le XII et XV siècle au KetM est plus forte que partout ailleurs en Serbie. Par exemple, à Velika Hoca, il existaient avant la médiation " pacifique" de la KFOR, 13 églises construites entre le XII et XV siècle. On ne sait pas ce qu'il en est aujourd'hui.

La Nuit ottomane:

Deux siècles plus tard, après la bataille du Kosovo Polje puis la défaite de Smederevo, la capitale de la Serbie, c'est l'occupation ottomane. La phrase trouvée dans le document Balkans Studies, qui a servi de canevas pour cet exposé, est à méditer aujourd'hui comme hier. Elle concerne les défaites chrétiennes au KetM : Dans ce heurt de deux civilisations que fut la bataille du Kosovo, les retombées politiques furent très lourdes de conséquences à l'échelle historique et géographique. Le seul Etat qui avait été encore capable d'opposer une résistance efficace à la conquête ottomane des Balkans et ensuite de l'Europe, vaincu, il fut placé sous la souzeraineté du sultan. Après la Serbie, ni la Hongrie, ni même l'Europe chrétienne dans son ensemble, ne furent plus en mesure d'opposer une défense durablement efficace aux campagnes de guerre de Mehmed le Conquérant...
L'Administration ottomane s'installe et l'esclavage des Chrétiens s'en suit :
- Au XVème siècle, lorsque l'Empire ottoman prend pied dans la région, on voit appara”tre dans les recensements fiscaux, des noms albanais dans 80 villages sur 600, ce qui n'existait pas auparavant.
- Les terres serbes sont distribuées aux Spahis ottomans. Le territoire est divisé en départements administratifs à caractère militaire : pasalukhs, sandjaks et vilayets ainsi qu'en régions juridiques, les cadiliks. Bien évidemment, les caddies distribuent les sanctions selon qu'on est Musulman ou non, Turc ou chrétien. Les répartitions des territoires sont arbitraires et changent souvent. Par exemple, le sandjak de Dukadjin appartient au pasaluk de Roumelie, celui de Prizren à celui de Bosnie. L'usufruit des domaines fonciers est donné aux spahis mais ceux-ci ont pour charge d'organiser la cavalerie, c'est à dire, l'essentiel de l'armée turque. Dans cette région o¯ il y a peu de musulmans au début, il faut utiliser des soldats chrétiens, qui en échange, sont exemptés de certains impôts. Pour permettre à leurs familles de survivre, certains pères de famille acceptent de se vendre à l'occupant. Les Valaques aussi sont inclus dans ce système. Ils sont souvent gardiens de mines. d'après le Génois Promontario de Campis, les mines très nombreuses, y compris Srebrenica en Bosnie, permirent à l'Empire ottoman de frapper toute sa monnaie en argent avec les seules extractions de Serbie. La monnaie est frappée sur place, à Novo Brdo et les gros rouleaux sont expédiés à Constantinople. Il est curieux de noter que ces régions minières de l'ancienne Serbie, Srebrenica en Bosnie, Trepca au Kosovo , Serres en Macédoine,sont à nouveau sur la sellette.

Cultures agricoles:

L'agriculture essentiellement vinicole, se transforme sous la gouverne turque en culture céréalière pour nourrir les soldats en campagne.La population albanaise des villes et villages augmente encore. En 1455, dans le sandjak de Vucitrn, sur 858 villages et 50 hameaux, on note 16729 foyers chrétiens et 177 musulmans albanais. Les villages albanais sont concentrés dans la région de Altin (Albanie frontalière du nord-est ) et dans le sud de Métokhie, bien à l'ouest de Djakovica, actuelle frontière de l'Albanie, si elle existe encore. La population est essentiellement chrétienne mais les Albanais immigrés chrétiens également, acceptent beaucoup plus facilement l' Islam, qui leur offre des avantages sur le plan juridique. Il y a aussi des immigrants turques dans la suite des spahis et des cadis. Les chrétiens ont le statut de ra•a = le troupeau. Parfois, par manque d'effectifs, certains privilégiés du troupeau accomplissent des fonctions de service public : gardiens des routes, miliciens, fauconniers, ce qui leur permet d'alléger leurs impôts exorbitants, le haracs. Les impôts augmentent de fa¨on insupportable au fil des années, au fur et à mesure que l'aspre, la monnaie ottomane perd de sa valeur. Mais le pire des impôts reste l'impôt du sang : les familles sont obligées de livrer des enfants mâles pour qu'ils soient islamisés et qu'ils deviennent des combattants de l'infanterie , les janissaires. Ils partent et on ne les revoit plus jamais. Au XVI siècle la situation ne cesse de se dégrader. Les routes sont attaquées par des brigands venus des hautes montagnes du Monténégro et d'Albanie. La population pauvre est ran¨onnée aussi de cette manière là, comme elle l'est actuellement par la mafia.

Révoltes:

Lorsque les Serbes du Danube se soulevent contre l'Empire Turc, Sinan pacha non seulement br˛le les reliques de Saint Sava, le premier Archevêque serbe, en plein Belgrade , mais en 1615, il construit une mosquée à Prizren, avec le marbre de l'Eglise des Saints Archanges, sépulture du Tsar Dusan. L'église sépulcrale du Tsar Uros est également ravagée et pillée en 1584, comme bien d'autres. Les tribus des montagnes monténégrines refusent de payer les charges fiscales et se mettent à faire des razzias au KetM. Pour lutter contre ces incursions, les Turcs islamisent par force la tribu albanaise monténégrine installée à la frontière du Monténégro et du KetM, les Malisori. Les Ottomans construisent aussi des villes fortifiées et utilisent les églises qu'ils profanent, comme dépôts d'armes ( Rozaj en 1639 ). La population se met à fuir la région devenue invivable. Les marchands ragusains obligés de traverser KetM, à cause des routes, se font escorter par une armée d'une centaine de soldats, qu'ils payaient. Les Albanais d'Albanie se convertissent massivement à l'Islam , surtout les catholiques, nonseulement pour échapper aux pressions fiscales intenables que paye toute la ra•a, mais aussi à la d”me exorbitante qu'exige d'eux leur clergé peu éduqué et peu réfléchi. Voilà ce qu'écrit F. Braudel, dans son ouvrage paru en 1982 à Paris : La Méditerranée et le Monde méditerranéen à l'époque de Philippe II. " ...A elle seule, l'histoire des Albanais mériterait une enquête. Sensibles à l'amour du sabre, aux broderies d'or et aux honneurs, c'est comme soldats qu'ils quittent leurs montagnes. Au XVI siècle, ils sont à Chypre, à Venise, à Mantoue, à Rome, à Naples, en Sicile, à Madrid. Ils vont exposer leurs doléances, réclamer des tonneaux de poudre, ou des années de pension, arrogants, cassants, toujours prompts à la main. Par la suite, l'Italie s'est peu à peu fermée devant eux. Ils gagnent alors les Pays Bas, l'Angleterre, et la France durant nos guerres de religion. La Régence d'Alger et de Tunis les refusent, puis les pays des Moldaves et des Valaques s'en débarrassent. Alors ils se ruent au service de la Porte, ce qu'ils avaient fait dès le début .
Ils finissent par s'établir à leur compte et deviennent brigands. A partir du XVII siècle, les Albanais orthodoxes ceux-là, se répandent au pays grec, o¯ ils campent comme en territoire conquis.

A Ducellier, dans Studi Veneziani X 1968, parle du :
" ... caractère turbulent et aventurier des Albanais... "
Ce n'était pas facile non plus d'être Albanaisà cette époque. Rien n'a changé sous le soleil.

Le comportement de l'Eglise serbe:

La restauration du Patriarcat de Pec en 1557, a un effet bénéfique, sur la consolidation de l'Eglise orthodoxe en Serbie. Cela lui permit d'être assez forte pour soutenir son peuple. Elle subissait les contrecoups de la décadence de l'Empire ottoman qui devenait de moins en moins tolérant. L'Archevêque catholique Pierre Bogdani rapporte en 1662 que la population de Serbie doit verser deux fois plus d'impôts que les autres provinces de l'empire ottoman. Les confiscations des terres abusives, les extorsions fiscales exagérées, les destructions et usurpations, amenèrent l'Eglise serbe à soutenir très ouvertement les insurrections de sa population asservie. (fin XVI et début XVII). Après les guerre austro-turques, 1683, 1716 et 1737, les rapports entre les chrétiens et les musulmans s'enveniment encore. Après le dernier siège de Vienne en 1683 , l'armée ottomane en déroute pille tout sur son passage. Le pillage et les destructions sont particulièrement importantes au Patriarcat de Pec, et à Visoki Decani. L'offensive de la Ligue Chrétienne ( Autriche, Pologne, Hongrie ) arrive jusqu'à Skoplje. La ville est br˛lée pour la nettoyer de la peste, mais ce n'est pas assez. L'épidémie se propage. De très nombreuses exactions sont commises sur les populations musulmanes albanaises et autres par les armées de la Ligue, aidées par les insurrectionnels bulgares, serbes et grecs. Le général autrichien Picollomini accompagné par l'Archevêque catholique Pierre Bogdani, est accueilli à Prizren par le Patriarche Arsène III Tcharnojevitch. Picollomini meurt de la peste à Prizren, suivi de près par l'Archévêque Bogdani. Ils furent enterrés à l'église orthodoxe Bogorodica Ljevichka à Prizren. L'armée autrichienne est arrêtée net, par les troupes ottomanes à Kacanik et se retire jusqu' à Belgrade. La vengeance sur la population qui reste est impitoyable. Des régions entières sont massacrées par les Turcs, les Tatares de Crimée et les Albanais fraichement convertis, passés du côté du manche. Une islamisation forcée est mise en place. Le Patriarche rassemble son peuple et prend le chemin de l'exil. Le cortège immortalisé par de nombreuses peintures, emporte les chasses avec les reliques de ses saints. Des Albanais catholiques non convertis, venus de l'Albanie septentrionale accompagnent cet exode qui part vers la Slavonie, et même jusqu'à la Hongrie. Il est à noter que les Serbes de Slavonie viennent à nouveau, en 1997, d' être chassés. Le sort des Serbes du KetM est bien connu maintenant. Les Albanais qui ne voulaient pas de conflit interethnique au KetM ont été les premières victimes de l'UCK au cours de l'année 1998, tout comme au moment de l'exode des Serbes emmenés par l'Evêque Tcharnojevitch.

l'Histoire proche peu connue:

Sans entrer dans le détail des horreurs qui eurent lieu juste avant la guerre balkanique, 1912, il faut signaler que sous la pression des immigrés musulmans imposés par le pouvoir ottoman, et qui vinrent de Bosnie et d'Albanie, la population chrétienne eut encore une fois du mal à résister. Beaucoup de familles quittèrent la place. Dans l'histoire proche de la région, au cours des dernières cinquante années, le régime communiste favorisa tout comme l'occupant italien pendant la deuxième guerre mondiale, l'installation de la population albanaise d'Albanie au KetM, au détriment des Serbes et des non-Albanais qui y vivaient encore nombreux.
- En mars 1945, une loi interdit le retour des Serbes réfugiés au KetM.
- Tito poussa jusqu'à l'autonomie judiciaire et policière instaurée en 1974. La vie des nonAlbanais devint intenable. La plupart s'en allèrent. Ne restèrent que les plus coriaces et les plus résistants, ainsi que les religieux, les moines et les moniales qui continuaient à survivre dans les monastères, en but à des tracasseries incessantes de certains ŌSipetars' qui ne supportaient pas leur présence. Une photo célèbre d'une moniale prête à tout, qui part faire ses courses avec un fusil à la main, avait fait le tour des journaux allemands dans les années 1980. Sa Sainteté, l'actuel Patriarche serbe, Monsieur Pavle, qui pendant quatorze ans, dans les années les plus difficiles, a été Evêque de Prizren, homme particulièrement doux, patient et tolérant, un vrai saint homme, a été agressé plus d'une fois par des jeunes albanais. Il a été battu, on lui arrachait la barbe, on l'insultait, mais il ne s'est jamais départi de son calme ni de sa bienveillance, ce qui est assez rare chez les Serbes, qui ont la tête près du bonnet et le sang vif. Le Patriarche serbe est l'image du vrai chrétien, celui qui ma”trise totalement ses réactions naturelles. Le Patriarcat de Pec et sa célèbre bibliothèque ont été volontairement incendiés à plusieurs reprises, mais en 1981 cela prit l'allure d'une catastrophe culturelle, événement totalement étouffé par le pouvoir de Belgrade . De très nombreux ouvrages anciens ont été irrémédiablement ab”més. Pendant la période de l'autonomie, les religieux vivaient en reclus dans un milieu hostile. Il n'y avait pas de justice équitable pour les nonAlbanais. La police albanaise ne trouvait jamais le coupable lorsque des exactions étaient commises sur des Serbes et sur leurs biens. La population la•que souffrait encore davantage. Elle n'avait pas l'enceinte des monastères pour se protéger. Pendant les persécutions particulièrement violentes, elle venait se réfugier à l'église et au monastère le plus proche, puis ressortait pour aller vaquer dans les champs ou ailleurs. Il fallait continuer à travailler pour se nourrir. De très nombreux faits divers abominables ont deffrayé la chronique puis ont été escamotés. Les malheureux Serbes ne trouvant aucun appui sur place, venaient réclamer justice à Belgrade et on les renvoyait chez eux, en leur disant qu'ils disposaient d'un corps judiciaire autonome au Kosovo et Metokhie. Ils devaient s'adresser à lui. Les nonAlbanais ont vécu dans ces conditions pendant un demi-siècle. Si Milochevic a eu le succès que l'on conna”t avec sa phrase : " Vous ne serez plus jamais battus ", c'est parce qu'il avait redonné à toutes ces victimes maltraitées, l'espoir de revivre normalement dans leur région. Pour rester tout à fait juste, il faut reconna”tre, qu'il n'a pas fait bon être albanais à partir de 1989, lorsque l'autonomie a été supprimée par Milochevic, même si cela avait permis aux nonAlbanais de reprendre leur souffle. Les Albanais non-autonomistes étaient assassinés par les leurs et les indépendantistes étaient pourchassés par le pouvoir policier. Les difficultés entre la population albanaise et nonalbanaise ont commencé avec l'occupation ottomane, les Albanais étaient des gardes-chiourmes et des contrema”tres sans pitié. Ils faisaient du zèle en appliquant les ordres de leurs chefs turcs. La roue a fini par tourner en 1918, puis a tourné encore et ainsi de suite, jusqu'à maintenant. C'est ainsi que les choses se passent dans les Balkans depuis un millénaire. Kosovo et Métokhie est une région dure, habitée par des gens durs, ceux qui ont survécu par sélection naturelle. L'importance géostratégique de KetM n' échappe à personne. Nombre de batailles décisives se sont déroulées là et ont eu des conséquences gravissimes. Les politiques le savent et évitent soigneusement d'inviter des historiens à leurs colloques. Si la bataille dite de Kosovo Polje fut le testament de Kosovo pour les Serbes, la bataille qui se déroula en 1448 entre les Hongrois et les Turcs scella la défaite de tous les chrétiens et ouvrit une brèche sérieuse qui pérmit le raz de marée asiatique. Les guerres revêtent aujourd'hui un aspect différent, mais les envahisseurs du KetM sont les envahisseurs de l'Europe.

 
EGLISE ORTHODOXE SERBE / BP177 - 75864 Paris - 23 rue du Simplon - 75018 Paris - Tel : 01 42 52 99 90 - Fax : 01 42 58 21 07
© egliseorthodoxeserbe.org :: Legal :: E-mail :: Webmaster :: Srpski